POEME DE RITON
Ecrit pour tous les voyageurs...
assis dans ta roulotte, tu conduis ton att'lage
pour aller ou le vent transporte ton image
d'homme de peu, insociable, de voleur plein de rage
oubliant que tu restes un symbole du partage
INTERDIT AUX NOMADES indique le panneau
pourquoi pas interdit aux fleurs et aux oiseaux
qui fuyant la bêtise des hommes et tous leurs maux
s'envolent dans le ciel toujours un peu plus haut
tu préfères le grand air à une vie sédentaire
dans ta poche une serpette, des photos,un lance-pierre avec pour pel'rinage les saintes maries d'la mer ancestrale dévotion pour toi et tous tes pairs
manouche ou yéniche, gitan du monde entier
que tu sois rémouleur, forain ou bien vannier
parqué près des décharges, cerné de barbelés
transmet comme héritage, tes blessures, ta fierté...
POEME VOYAGEUR
Ils marchent, depuis l'aube des temps
Ils marchent riant, souffrant, pleurant, vivants ...
Malédiction se perdant dans la mémoire
Honnis, bannis, réprouvés de l'histoire
Chassés, pourchassés en un éternel purgatoire.
Ils marchent suivis par les chiens hargneux
Ils marchent surveillés par les gendarmes soupçonneux
A eux les terrains vagues et boueux
Nomades, condamnés au cloaque, errants
Coupables de tous les méfaits, aux mines de brigands
Dans la fraîcheur du petit matin ils marchent
Dans le grincement des essieux des guimbardes
Leurs affaires ficelées en ballots, leurs pauvres hardes
Balancent au pas des bêtes dans l'aube blafarde.
La vie chevillée au corps, sous la pluie ils marchent.
La sueur perlant au front, sous le soleil ils marchent.
Crevant de froid dans la bise coupante, ils marchent.
Gueux plus gueux que le plus pauvre des gueux
Ils n'ont pour toit de chaume que les cieux.
Et pourtant qu'ils sont beaux malgré leurs oripeaux!
Est ce cela qui vous gêne bourgeois repus?
Est ce cela qui vous gêne propriétaires cossus?
Pourquoi les hais-tu notable satisfait et ventru ?
Une poule chapardée, à leur repas sans manière
Assurera l'ordinaire? Dites-moi, la belle affaire !
Tzigane, Yeniche, manouche , sinti, rom, gitan,
Mes frères, les miens , les fils du vent .
POEME YENICHE
Kneisesch Gadsche , d'Jenische ?
Kneisesch , Gadsche , d'Jenischen ?
D'Scheinling spannen in die Menngl
Novus lingg , gwant.
Der Klinglan linsesch
Naschesch mit 'm Schuberer ins Turmen.
Schugger , deine Ranggerlen die Cholom
Lengsch ihnen novus s'Pläri zum letzem
S'Lowi isch dein Paradebl , Gadsche,
Schinageln .... schinageln bis pegersch.
....naschesch am Sein mulo-
Das Sein - dein Dofes.
I kneis di , Gadsche ,
Dass 'd aus die Scheinling flösselsch
TRADUCTION
Comprends-tu , Gadjo , les Yéniches ?
Mes yeux regardent ton visage
Rien de mauvais, du bon
Tu écoutes notre musique
Et tu t'en vas dormir avec tes fantômes
Chouette, tes gosses !
Tu piques à tes gosses leurs rêves
Tu ne leur donne pas assez de place pour jouer
Le pognon, c'est ton dieu, Gadjo,
Bosser ... bosser jusqu'à ce que tu crèves
.... tu vas vers ton Etre et tu es mort
Ton Etre - Ta prison
Je te comprend, Gadjo,
Je comprends les larmes qui coulent de tes mirettes
LE YENICHE
Yeniche d'âme et de cœur ainsi que de naissance
Ses veines charrient le sang de ses fougueux ancêtres
Depuis la nuit des temps au cœur de l'errance
Vivant au jour le jour, sans crainte des frontières
Il est de cette race indomptée et fière
Qui refuse de vivre enfermée et cloîtrée
Dans des cités étroites, qui cachent leur misère
Derrières des murs sales et jardins asphaltés
Ses yeux ont des reflets de tisons ardents
Un foulard noué sur ses cheveux d'or
Sur sa peau brûlée par des soleils et battue par des vents
Tremble un médaillon d'or, souvenir de sa mère.
Avec pour tout bagage, un maigre balluchon
Son accordéon sur son dos, des chansons sur les lèvres
Sous son front fleurit une moisson de rêves
Il parcourt le monde, libre, au cœur des saisons
le cheval et la roulotte
Le cheval, la roulotte
Tout le linge qui sèche
Et les enfants qui crient
Voilà ton paysage.
Tu connais tous les arbres
Et le nom des oiseaux
La nature pour toi
Ne cache aucun secret.
Dans le vent, dans le froid
Sous la pluie, la poussière
Tu t'en vas au pays
Pour chiner tes paniers.
Si tu reviens content
C'est que tu as la chance
Et tu pries le "devel "Le cheval, la roulotte
Tout le linge qui sèche
Et les enfants qui crient
Voilà ton paysage.
Tu connais tous les arbres
Et le nom des oiseaux
La nature pour toi
Ne cache aucun secret.
Dans le vent, dans le froid
Sous la pluie, la poussière
Tu t'en vas au pays
Pour chiner tes paniers.
Si tu reviens content
C'est que tu as la chance
Et tu pries le "devel "
Parce qu'il est avec toi.
Toi "gadjo" du village
Va voir celui qui passe.
N'aies pas peur, tu verras
Il ressemble à ton frère.
Parce qu'il est avec toi.
Toi "gadjo" du village
Va voir celui qui passe.
N'aies pas peur, tu verras
Il ressemble à ton frère.
poeme de TIKNO NIGLO
VOYAGEUR FILS DU VENT
Voyageur fils du vent
Ne te retourne pas
Voyageur fils du vent
Va devant, va devant
Dans ta vie la misère
Dans tes yeux la lumière
Tu marches et vas chantant
Fier de tous tes enfants.
Le cheval, la roulotte
Tout le linge qui sèche
Et les enfants qui crient
Voilà ton paysage.
Tu connais tous les arbres
Et le nom des oiseaux
La nature pour toi
Ne cache aucun secret.
Dans le vent, dans le froid
Sous la pluie, la poussière
Tu t'en vas au pays
Pour chiner tes paniers.
Si tu reviens content
C'est que tu as la chance
Et tu pries le "devel "
Parce qu'il est avec toi.
Toi "gadjo" du village
Va voir celui qui passe.
N'aies pas peur, tu verras
Il ressemble à ton frère.
Tikno.Niglo